31/01/2012

La TA avance à l'UE

Une journée d'études s'est tenue la semaine dernière à Luxembourg, rassemblant divers orateurs à la Cour des comptes européenne. 

Sous la pression du nombre croissant de traductions à fournir, du nombre de langues à couvrir et des délais à respecter, l'UE propose une utilisation "raisonnable" de la TA statistique, fondée sur le projet MOSES.

Fred Hollowood, Research Director, Consultant & Shared Engineering Services at Symantec a rappelé quelques évidences: on ne lit pas tout (les manuels informatiques par exemple), il n'existe pas de système de TA à base de règles pour toutes les paires de langue dont on a besoin, il y a tout intérêt à ce que les traducteurs travaillent main dans la main avec les auteurs...

Ms Margot Fröhlinger, Director at the European Commission DG Internal Market, Directorate D, Intellectual Property a rappelé que les idées d'automatiser la traduction remontent à Leibnitz et à Descartes. J'essaye de nuancer cela dans mes cours: entre traduction et rêve d'une langue universelle, il n'y a qu'une nuance, mais bien réelle. Et la position que l'on appellerait aujourd'hui naïve de Descartes (dans sa lettre au père Mersenne) prête à sourire: il imaginait qu'on représenterait par un chiffre le verbe aymer et son équivalent anglais. Si l'amour pouvait se réduire à un chiffre...

Enfin, Josep Bonet a présenté le projet "MT@EC: serving the multilingual needs of the European Commission". Avec ses 1750 traducteurs, ses 2,1 millions de pages à traduire en 2011, son site de 6,8 millions de pages qui demandent 8500 traducteurs par an... on n'a plus le choix: d'ici juillet 2013, un système de TAS fondé sur Moses proposera la traduction entre l'angalis et toutes les autres langues européennes. L'anglais comme langue pivot! L'idée aussi est de ne traduire que ce qu'il y a à traduire, de séparer ce qui relèvera de la TA et ce qui relèvera de la TH, et qu'on ne peut certes pas tout attendre de la TA mais que c'est peut-être ça ou rien...

 

http://info.moraviaworldwide.com/blog/bid/96247/Machine-T...

12:32 Écrit par Pascaline Merten | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/01/2012

La traduction automatique: toujours en débats

Dès que l'on parle de traduction automatique, les débâts sont houleux, comme si aucune nuance ou aucune analyse objective des faits n'était possible. Est-ce parce que la langue nous tient tant à coeur? Que c'est un domaine où à peu près n'importe qui peut s'exprimer puisque l'on ne doit pas être linguiste pour apprécierla la langue d'un document? Ou parce que les enjeux commerciaux sont immenses?

Pour commencer: la traduction est impossible, mais elle se pratique, comme la traduction qui est trahison mais que nous pratiquons et utilisons chaque jour. L'être humain traduit, depuis Babel, ou même avant, mais ceci est une autre histoire, et il faudra qu'on m'explique comment l'être humain continue depuis si longtemps à traduire si c'est impossible. 

Juste deux exemples récents, intéressants parce qu'ils montrent l'évolution des recherches et la perpétuation des réactions négatives.

Le projet Sumat (An Online Service for SUbtitling by MAchine Translation): http://ec.europa.eu/information_society/apps/projects/fac... porte sur la TA statistique de sous-titres. Quand un porte-parole du projet est venu le présenter il y a 3 mois à Cracovie, au colloque Points of View in Language and Culture, cela a provoqué un tollé, en tout cas de la part de certains traducteurs. Bien sûr, envoyer quelqu'un qui était un commercial pour dialoguer avec ces artisans de la langue que sont les traducteurs, ce n'était pas la meileure idée. Je regrette d'abord que l'on ne se pose pas la question de l'intérêt intellectuel de la chose, du défi que cela pose, même si je sais que le souci est sans doute d'abord financier. J'ai constaté que la société TitelBild, un poids lourd de l'industrie du sous-titrage en Allemagne participe à ce projet. Là, je me dis qu'ils ne font pas cela si c'est voué à l'échec dès le départ. 

En fait, on parle ici de traduction statistique. S'il s'agit de traduction de documents répétitifs, que le système puisse apprendre, le résultat peut ne pas être désastreux. La question, c'est que je ne vois pas ce qu'il y a de répétitif, que ce soit les infos, les séries et même les documentaires. En outre, le sous-titrage doit respecter les différents canaux de la communication, l'image en particulier, ce qui fait qu'un sous-titre dans un cadre ne ourra pas fonctionner dans un autre.

Ortsbo, à présent. La société canadienne a annoncé qu'elle avait mis sur pied un système de traduction et sous-titrage de vidéos en temps réel (http://www.fastcompany.com/1807477/ortsbo-live-and-global...). Donc, vous passez une vidéo en chinois en streaming, la traduction s'effectue à la volée et les sous-titres s'affichent en français. Impressionnnant car cela met en oeuvre des outils de reconnaissance vocale et de traduction. En soi, l'idée n'est pas nouvelle (on avu le projet Verbmobil au début de ce siècle), mais les réalisations concrètes et de qualité tardent à venir. Et pour cause, puisqu'on mutliplie les sources de difficultés. Donc, si je suis fascinée par la tentative, je suis sceptique, mais cela ne signifie pas que l'on arrive à des résultats, sinon bons, en tout cas acceptables. Orstbo utilise paraît-il l'API de Microsoft (Google ayant mis un sérieux frein à l'utilisation de la sienne). En fait, ils intègrent différentes techniques existantes. Mais, aussi intéressant cela soit-il, c'est à mon avis plus un coup de pub qu'autre chose. Je regarde de temps en temps un sketch de On ne demande qu'à en rire. Vu le délai d'apparition du sous-titre, vu la difficulté de traduire l'humour... cela créera peut-être une autre forme d'humour. Pour une vidéo d'entreprise, peut-être...

Je peux en tout cas vous prédire que le débat n'est pas fini.

14:17 Écrit par Pascaline Merten | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/01/2012

Tralogy: les présentations et les vidéos sont en ligne

Rendez-vous à l'adresse suivante : http://lodel.irevues.inist.fr/tralogy/

 

Métiers et technologies de la traduction : quelles convergences pour l'avenir?Auditorium du Cnrs, Paris - Les 3 et 4 mars 2011

 

On ne traduit pas aujourd’hui comme il y a cinquante, vingt, dix ans ; comment traduira-t-on dans dix, vingt, cinquante ans ? Avec quels outils, dans quels sens, pour satisfaire quelle demande ? Et qui seront ces traducteurs de demain, si tant est qu’on les appelle encore ainsi ? Quels seront leurs compétences, leurs voisinages disciplinaires, leurs bases théoriques, leur formation ? Quelles sont les capacités de la technologie aujourd’hui et quelles seront-elles demain ? Où en est la recherche dans le domaine de la traduction automatique et des processus d’assistance à la traduction ? À partir de quelle approche de la traduction humaine orientera-t-elle un éventuel partenariat homme-machine, et dans quelle direction ?

D’ores et déjà, une chose est sûre : cet avenir-là s’invente et s’inventera à la rencontre entre une activité traduisante asystématique par nature (la traduction humaine) et la puissance de traitement de l’informatique, forcément systématique, elle. On ne peut donc utilement tenter de répondre à ces interrogations d’aujourd’hui sans brasser, à l’échelle internationale, les apports des principales parties prenantes : professionnels, formateurs, producteurs de technologies de traduction, chercheurs dans ces trois domaines. Cette démarche interdisciplinaire nous paraît en effet seule à même de dépasser les craintes, les caricatures et les discours en circuit fermé pour réfléchir à l’émergence de cultures professionnelles communes, à travers des questions économiques, techniques, déontologiques et organisationnelles.

 

11:27 Écrit par Pascaline Merten | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |